Mardi 25 mars 2008
Je suis allée voir le toubib qui m'a arrêté jusqu'à lundi.
Alors c'est vrai que je ne suis vraiment pas en forme, mais soyons honnêtes, j'aurai tout à fait été en état d'aller bosser.
Hier soir, mon mari était complètement déprimé : peur d'être licencié, impression d'être submergé par tout ce qu'il a à faire, stress de la prochaine visite, fatigue...
J'étais incapable de le soutenir efficacement car le voir ainsi me paniquait complètement. Il aurait besoin de quelqu'un de serein à ses côtés pour l'épauler mais je ne fais qu'augmenter encore la pression. Je suis sûre qu'il n'ose pas tout me dire de peur de me faire encore plus stresser
Je discutais un peu avec mon médecin qui me connait bien...il m'a parlé d'anti-dépresseurs ! En suis-je vraiment arrivée là ?
Qu'est ce qui ne va pas dans ma vie ? Pourquoi ce mal-être ? Pourquoi cette incapacité à profiter des moments présents ? Pourquoi je n'arrive pas à être dans l'action plutôt que la rumination ?
Ma vie n'est pas si mal : j'ai un boulot qui me plaît, un appart sympa, un mari que j'aime, une famille aimante. Alors bien sûr, parfois j'ai des soucis au boulot, le robinet fuit, mon mari a des défauts qui m'énervent et mon père me ressort pas les yeux... enfin globalement pas de quoi fouetter un chat !
C'est vrai que j'ai aussi de vrais soucis : mes problèmes de fertilité, la possibilité que mon mari se fasse licencier, ce sont des raisons objectives de stresser.
Mais ce qui je pense pose le plus de problèmes, c'est le décalage entre ce que je voudrais être et ce que je suis. Je me fustige et je culpabilise
- de ne pas être plus douce et aimante avec mon mari
- de ne pas être plus écolo
- de ne pas cuisiner de bons petits plats équilibrés
- de ne pas faire de sport
- de ne pas être plus cultivée, plus créative au lieu de passer mon temps devant la télé et l'ordi
- de ne pas être plus attentive à mes élèves
- de ne pas être assez ordonnée..
- de ne pas être économe
- de ne pas être élégente
Je me trouve incapable de quoi que ce soit sur le long terme.. Je sais bien que la perfection n'existe pas, mais ce que je suis me déçoit tellement... Je me sens inférieure à la plupart des gens que je croise, sauf peut-être à quelques amies très proches. Est-ce d'ailleurs pour ça que je les ai choisies ? Pour que justement je ne me sente plus inférieure ? Les autres me paraissent tellement plus sûrs d'eux, tellement plus épanouis, tellement mieux dans leur tête ....
J'alterne les périodes (courtes) où je vais essayer d'être tout cela à la fois : je vais au marché, cuisine un bon petit plat, prépare soigneusement mon boulot pour l'école, me pomponne, achète des places de cinéma pour nous deux, fait mes comptes, éteint la télé pour bouquiner..... et puis des périodes (longues), où après un échec, je me dis que je ne vaux rien et je me retrouve à avaler des kilos de pâtes en jogging devant mon ordi... C'est tout ou rien, le moindre faux pas et je laisse tout tomber, je grignote, je réchauffe une pizza, je ne me maquille plus, je traîne à la maison...Pendant ces périodes de laisser aller, j'écris des listes de choses à faire, je vais sur des blogs de cuisinières, de couturières, je fais des menus équilibrés, je regarde les horaires de la piscine, je cherche des vêtements élégants.. Je lis des livres de psychologie ... Je vais voir des sites écolos, qui prônent la simplicité volontaire en me disant, voilà ça ça correspond à mon vrai moi, à mes idées...
Et je me dis demain, je commence...
Et je suis toujours la même, obèse, trouillarde, pantouflarde vissée à sa chaise d'ordi et à sa télé, ruminant son manque de volonté...
Alors c'est vrai que je ne suis vraiment pas en forme, mais soyons honnêtes, j'aurai tout à fait été en état d'aller bosser.
Hier soir, mon mari était complètement déprimé : peur d'être licencié, impression d'être submergé par tout ce qu'il a à faire, stress de la prochaine visite, fatigue...
J'étais incapable de le soutenir efficacement car le voir ainsi me paniquait complètement. Il aurait besoin de quelqu'un de serein à ses côtés pour l'épauler mais je ne fais qu'augmenter encore la pression. Je suis sûre qu'il n'ose pas tout me dire de peur de me faire encore plus stresser
Je discutais un peu avec mon médecin qui me connait bien...il m'a parlé d'anti-dépresseurs ! En suis-je vraiment arrivée là ?
Qu'est ce qui ne va pas dans ma vie ? Pourquoi ce mal-être ? Pourquoi cette incapacité à profiter des moments présents ? Pourquoi je n'arrive pas à être dans l'action plutôt que la rumination ?
Ma vie n'est pas si mal : j'ai un boulot qui me plaît, un appart sympa, un mari que j'aime, une famille aimante. Alors bien sûr, parfois j'ai des soucis au boulot, le robinet fuit, mon mari a des défauts qui m'énervent et mon père me ressort pas les yeux... enfin globalement pas de quoi fouetter un chat !
C'est vrai que j'ai aussi de vrais soucis : mes problèmes de fertilité, la possibilité que mon mari se fasse licencier, ce sont des raisons objectives de stresser.
Mais ce qui je pense pose le plus de problèmes, c'est le décalage entre ce que je voudrais être et ce que je suis. Je me fustige et je culpabilise
- de ne pas être plus douce et aimante avec mon mari
- de ne pas être plus écolo
- de ne pas cuisiner de bons petits plats équilibrés
- de ne pas faire de sport
- de ne pas être plus cultivée, plus créative au lieu de passer mon temps devant la télé et l'ordi
- de ne pas être plus attentive à mes élèves
- de ne pas être assez ordonnée..
- de ne pas être économe
- de ne pas être élégente
Je me trouve incapable de quoi que ce soit sur le long terme.. Je sais bien que la perfection n'existe pas, mais ce que je suis me déçoit tellement... Je me sens inférieure à la plupart des gens que je croise, sauf peut-être à quelques amies très proches. Est-ce d'ailleurs pour ça que je les ai choisies ? Pour que justement je ne me sente plus inférieure ? Les autres me paraissent tellement plus sûrs d'eux, tellement plus épanouis, tellement mieux dans leur tête ....
J'alterne les périodes (courtes) où je vais essayer d'être tout cela à la fois : je vais au marché, cuisine un bon petit plat, prépare soigneusement mon boulot pour l'école, me pomponne, achète des places de cinéma pour nous deux, fait mes comptes, éteint la télé pour bouquiner..... et puis des périodes (longues), où après un échec, je me dis que je ne vaux rien et je me retrouve à avaler des kilos de pâtes en jogging devant mon ordi... C'est tout ou rien, le moindre faux pas et je laisse tout tomber, je grignote, je réchauffe une pizza, je ne me maquille plus, je traîne à la maison...Pendant ces périodes de laisser aller, j'écris des listes de choses à faire, je vais sur des blogs de cuisinières, de couturières, je fais des menus équilibrés, je regarde les horaires de la piscine, je cherche des vêtements élégants.. Je lis des livres de psychologie ... Je vais voir des sites écolos, qui prônent la simplicité volontaire en me disant, voilà ça ça correspond à mon vrai moi, à mes idées...
Et je me dis demain, je commence...
Et je suis toujours la même, obèse, trouillarde, pantouflarde vissée à sa chaise d'ordi et à sa télé, ruminant son manque de volonté...
Par Marie
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Publié dans : Je fais le bilan
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